Allaiter pour faire le plein d'ocytocine !

Cécile Thiébaut, Sage-Femme Cadre à l'Hôpital Privé Nord Parisien

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11.10.2021
Les experts maternité de Mère Nature Speaking !

Fiche d'identité

Notre experte santé du mois : Cécile Thiébaut
Profession : Sage-Femme Cadre à l’Hôpital Privé Nord Parisien
Ville : Région Parisienne

Aujourd’hui, l’allaitement est une question que se pose toutes les mamans. Pourtant, en France, seulement un bébé sur deux est encore allaité à un mois. Si c’est une chose bien naturelle, elle demande néanmoins une formation ou au moins une information préalable.

A l’occasion de la semaine de l’allaitement maternel, nous avons posé quelques questions sur le sujet à Cécile Thiébaut, Sage-Femme Cadre à l’Hôpital Privé Nord Parisien et qui est également partenaire de Mère Nature

Allaiter : est-ce bon pour la santé ?

Aujourd’hui, on parle beaucoup des bienfaits de l’allaitement. Mais, est-ce vraiment mieux pour la santé de l’enfant ?

Il semble effectivement que les bébés allaités soient à court terme moins sensibles :

  • aux maladies diarrhéiques type gastro-entérites,
  • aux infections respiratoires basses aiguës type bronchites,
  • et aux infections urinaires.

Il semble aussi protéger de la mort subite du nourrisson.

A plus long terme, les bébés allaités semblent être moins allergiques, moins sujets à l’obésité et moins diabétique.

Et pour la santé de la maman, est-ce qu’allaiter a un effet positif ?

Certaines études récentes montrent que l’allaitement contribue à protéger la mère contre le cancer de l’ovaire et celui du sein.

Il est aussi bien connu que la tétée précoce et les contractions utérines qu’elle provoque, diminuent énormément les risques d’hémorragie et aident l’utérus à reprendre plus vite sa taille, sa forme et sa tonicité.

Enfin, d’autres études, portant sur des femmes ménopausées ayant allaité plusieurs enfants, ont montré que la densité osseuse augmentait avec chaque enfant allaité, et que ces femmes avaient moins de fractures que la moyenne.

Et puis, il ne faut pas oublier qu’allaiter libère de l’ocytocine dans l’organisme… Et que l’ocytocine, c’est la fameuse hormone “de l’amour”!

D’après vous, pourquoi beaucoup de mamans abandonnent leur allaitement rapidement ?

Nous sommes toutes (sauf très très rares cas) programmées pour allaiter. On doit tenter de voir l’allaitement comme un chemin, avec des virages, des petits graviers, des rochers et parfois même… des montagnes ! Ces obstacles il est important de les contourner. Et pour ce faire, être accompagnée et préparée à cette aventure, c’est capital !

Alors justement comment bien se préparer ?

D’abord, en tant que professionnelle de santé, je suis convaincue qu’il faut avoir des lectures basées sur des preuves sur les rythmes et besoins du nouveau-né. Je vous conseille d’éviter les réseaux sociaux… Par contre, il peut être très intéressant de participer à des groupes de soutien entre mères, de se préparer avec une sage-femme et puis, bien évidemment d’être soutenu par l’autre parent, la famille et les amis.

Le conjoint peut-il participer à l’allaitement ?

Mais bien sûr ! L’autre parent a toute sa place. Il peut être un soutien efficace qui veille à ce que l’environnement soit favorable en faisant barrière aux injonctions.

Et puis, il y a la question du travail…. Peut-on travailler et allaiter ? Comment s’organiser ?

D’abord, il faut savoir que le droit du travail le permet et l’encourage !

A vous de jouer mesdames et de faire bouger les lignes !

 

Les questions en plus !

Si j’ai accouché d’un bébé prématuré, vais-je pouvoir allaiter ?

Oui, oui, oui et oui ! Non seulement vous fabriquez l’aliment strictement adapté à votre petit bébé, mais en plus vous fabriquez un aliment strictement adapté à son état ! Vous ne lui donnez pas du prêt-à-porter, mais sur-mesure 😊 !

Si j’ai le Covid ou que je l’ai eu, est-ce que je peux allaiter ?

Oui. C’est même conseillé. Les anticorps passent dans le lait et protègent le nouveau-né.

Si j’ai eu une césarienne, est-ce que je peux allaiter ?

Oui. Il n’y a pas de contre-indications avec les anesthésiants utilisées pendant l’intervention. De plus, l’allaitement limite le risque hémorragique grâce à l’ocytocine libérée au moment de la tétée.

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