Comment éviter le burn-out parental ?

Aurélie Tornabene, Fondatrice de "Pause Parentalité"

Retour
11.01.2022

Fiche d'identité

Notre experte santé du mois : Aurélie Tornabene
Profession : Assistance sociale libérale certifiée dans la prise en charge du burn-out parental et fondatrice du cabinet “Pause Parentalité.
Ville : Grasse

Selon une étude récente, 5% des parents seraient en burn-out parental et 8% seraient à risque… Le phénomène n’est donc pas marginal.

Mais qu’est-ce qu’on entend vraiment par burn-out parental ? Quelles différences avec le baby blues ou la dépression du post partum ? Comment savoir si on est touchés ? Comment l’éviter ?

Nous sommes allés poser nos questions à Aurélie Tornabene, consultante certifiée dans la prise en charge le burn-out parental. Elle accompagne les familles via son cabinet “Pause Parentalité”

Zoom sur les "confi-babies"

Le burn-out parental, le baby blues et la dépression du post-partum : quelles différences ?

On parle beaucoup du « burn out parental » ? Mais qu’est-ce que c’est exactement ?

Être parent est une source de joie mais également de stress, avec une forte pression sociétale. La parentalité vient bousculer notre identité et remettre en question notre mode de fonctionnement. Cependant, tous les parents ne font pas un burn-out parental. Heureusement !

Le burn-out parental, a été évoqué pour la première fois en 1983, mais il faut attendre 2007 pour que les premières études soient réalisées. Le burn-out survient quand nos ressources (familiales, personnelles, environnementales) ne permettent plus de faire face aux stresseurs liés à la parentalité. L’épuisement progressif des ressources conduit à l’épuisement parental.

Quelle différence entre burn-out parental et baby blue ?

Le baby blues est transitoire et lié à la chute hormonale après la naissance. Il ne concerne que les femmes (environ 80%) et survient dans les quelques jours après la naissance du bébé. Cet état cesse progressivement et sans intervention médicale. Il faut néanmoins rester vigilant si les symptômes perdurent au-delà de quelques semaines.

Quelle différence entre burn-out parental et dépression du post partum ?

D’abord, il faut savoir que la dépression du post-partum concerne les mères et les pères ! Elle survient uniquement dans la première année de vie de bébé, avec un pic dans le premier trimestre suivant la naissance. On estime qu’environ 20% des mères et 7% des pères sont concernés. C’est une véritable pathologie qui nécessite une prise en charge précoce et adaptée. En l’absence de soin, elle peut avoir des conséquences sur les parents et le bébé.

Comment reprendre le travail sereinement après un congé maternité ? Mère Nature Speaking répond

Les spécificités du burn-out parental

Le burn out parental touche-t-il plus fréquemment les mères ?

Non, c’est un mythe ! Le burn-out parental touche équitablement les pères et les mères. Les études estiment que 5% des parents sont en burn-out parental en France et que 8% sont en risque sévère. Ce chiffre est certainement sous-estimé en raison du sentiment de honte ressenti par les parents. Une étude mondiale est également en cours pour réévaluer le niveau de burn-out en lien avec la pandémie.

Quels sont les symptômes ? Sont-ils les mêmes chez la mère et le père ?

Les symptômes du burn-out sont identiques chez les pères et les mères. La différence réside dans le fait que les pères tombent en burn-out avant d’avoir épuisé toutes leurs ressources alors que les mères tombent en burn-out lorsqu’elles n’ont plus aucune ressource disponibles. Elles ont plus de difficultés à demander de l’aide.

Il existe 4 symptômes majeurs :

  • Un épuisement physique, le parent n’a plus d’énergie pour s’occuper de ses enfants, il se sent vidé par son rôle parental.
  • Une distanciation émotionnelle : le parent perd sa capacité à s’impliquer émotionnellement auprès de ses enfants.
  • Une perte de plaisir : raconter une histoire, jouer avec son enfant, écouter ses anecdotes ne sont plus source de bien être parental.
  • Un écart entre le « bon parent » que nous étions et le parent que nous sommes aujourd’hui. Le parent ne se reconnaît plus dans son rôle de parent

Auxquels se rajoutent des symptômes secondaires :

  • Une irritabilité envers ses enfants, c’est même le premier signe à apparaître.
  • Une consommation de produits (alcool, produit stupéfiants, cigarettes) qui démarre ou qui se renforce.
  • Des idées de fugue, de tout plaquer pour refaire sa vie ailleurs.

Eviter le burn-out parental

Comment savoir si on est à risque ?

Tous les parents peuvent un jour faire un burn-out parental car le risque est fluctuant et dépend de plusieurs facteurs (financier, environnementaux, sociaux, sanitaires….). Néanmoins, les parents les plus touchés sont ceux se fixant des objectifs inatteignables, visant un perfectionnisme parental ou surinvestissant leur parentalité. Par exemple, il est possible de faire pratiquer 3 activités extra-scolaires à son enfant s’il est enfant unique, que les 2 parents effectuent les trajets…. Mais cela devient plus compliqué si nous sommes parents de 4 enfants, dont 1 avec des troubles nécessitant des prises en charges spécifiques.

Le burn-out parental n’est pas réservé aux parents d’enfants en bas-âge et peut survenir même après la majorité de ses enfants, si ces derniers restent dépendant de leurs parents.

Comment prévenir ce risque de burn-out parental ?

D’abord, je pense qu’il est important de se fixer des objectifs parentaux réalistes et adaptés à notre famille, notre caractères, nos valeurs. On peut aussi visualiser un phare pour nous guider sans vouloir jamais atteindre ce but (notamment en terme de parentalité positive qui rajoute une pression supplémentaire). Je pense aussi qu’il faut savoir demander de l’aide à son entourage. Déléguer une partie des tâches lorsque c’est possible est un bon moyen de prévention. On peut aussi faire participer les enfants aux tâches quotidiennes (en fonction de leur âge).
Attention également aux réseaux sociaux et aux médias en général qui montrent une image idyllique de la parentalité, avec des parents parfait à chaque instant. Rappelons-nous que nous ne postons sur nos comptes que des photos mettant en valeur notre famille 😊.

S’il est déjà trop tard, que peut-on faire pour être pris en charge ?

Consulter le plus rapidement possible un professionnel formé au burn-out parental. L’accompagnement pour en sortir est spécifique et nécessite une formation qui n’est pas dispensée dans les cursus généraux.
Le site https://www.burnoutparental.com/test-pba vous permet de réalisé un test gratuit pour mesure votre niveau d’épuisement parental et de trouver autour de chez vous un professionnel formé.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du cabinet fondé par Aurélie “Pause Parentalité” en cliquant ici. 

Et, nous vous rappelons que vous pouvez aussi télécharger notre “Méthode Mère Veilleuse” gratuitement sur notre site pour dépolluer votre mental ! 

Partager l'article

Ces interviews pourraient vous intéresser