Nathalie Galloux, notre experte santé du mois

Comment mieux gérer ma charge mentale ?

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08.03.2021
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Fiche d'identité

Notre expert santé du mois : Nathalie Galloux
Profession : Spécialiste en gestion du stress et communication 
Ville :
Aix-en-Provence

L’interview Santé !

Quand maman va, tout va…. Oui, mais justement comment va maman ? Pour tenter de répondre à cette question, nous avons mené une enquête digitale sur la charge mentale en novembre dernier auprès de 295 mamans. Angoisse, stress, fatigue chronique : les résultats sont édifiants… Les mères n’en peuvent plus de cette « charge mentale ».

Mais, si la formule est sur toutes les lèvres, savons-nous vraiment qui elle est et comment savoir si vous êtes concernée ? Pour éclaircir cette question, nous sommes parties en discuter avec Nathalie Galloux, spécialiste en gestion du stress et en communication.

Bonjour, d’abord qu’est-ce que la charge mentale ?

La charge mentale a été définie pour la première fois en 1984 par la sociologue française Monique Haicault. Elle la définit ainsi : “deux univers, l’univers professionnel et l’univers domestique qui coexistent et empiètent l’un sur l’autre”. En clair, c’est devoir penser simultanément à des choses appartenant à deux mondes séparés physiquement. Par exemple, la maman qui envoie un mail en faisant les courses ou qui fait faire les devoirs aux enfants en sortant la quiche du four. Ça vous semble familier, vous êtes concernée !

Elle est donc forcément négative ?

Non, pas forcément. Quand on est responsable de ses enfants, c’est plutôt gratifiant. Cela devient problématique quand ça déborde et qu’on ne maîtrise plus le flux ou le flot de choses à faire… La question est donc plutôt de savoir comment je gère cette charge.


“Deux univers, l’univers professionnel et l’univers domestique qui coexistent et empiètent l’un sur l’autre”.


Pourquoi lorsqu’on parle de charge mentale on évoque plus souvent les mères que les pères ?

Même si les choses évoluent, c’est encore très souvent la mère qui se sent responsable de la gestion des affaires familiales. Dans l’enquête que nous avons menée, seulement 23 % des mamans interrogées disent avoir “un conjoint qui s’occupe autant des affaires de la famille qu’elles, si ce n’est plus”. Ce qui veut dire que pour plus des trois quarts restants, c’est plus compliqué…

Selon vous, la crise du coronavirus a-t-elle alourdi la charge mentale des femmes ?

Il n’a probablement pas arrangé la charge mentale des femmes. Le télétravail, la gestion permanente des enfants, la privation d’aides extérieures, ont fait reposer sur les femmes beaucoup de poids. Dans notre enquête, 63% des femmes interrogées disent que leur charge mentale a augmenté avec la COVID-19.

 

Mais que peut-on faire pour ne pas se laisser déborder par cette charge mentale ?

L’idéal est d’agir en prévention et de ne pas attendre d’être en apnée pour faire quelque chose. Et c’est le sens de ce que nous proposons avec notre méthode Mère Veilleuse (téléchargeable gratuitement en page d’accueil du site). Cela fait 25 ans que j’accompagne des dirigeants, des cadres et leurs collaborateurs, et je suis convaincue qu’agir en prévention est une des clés pour éviter de se retrouver avec des coûts humains et financiers importants. On attend trop souvent que la personne soit en grande souffrance pour agir. Dans ce cas, il est souvent déjà trop tard et on doit soigner mais dans une démarche curative. Agir en prévention, c’est proposer du « care » comme disent les Anglais!

Interview Charge Mentale

Et la prévention quand on parle de charge mentale, concrètement ça consiste en quoi ?

Ca consiste à parler, à s’informer, à se faire accompagner. On doit se laisser une chance de prendre du recul, de voir les choses autrement, de les penser autrement. Combien de femmes connaissez-vous qui ont eu un enfant, qui ont repris le travail sérieusement et qui ont fini par être arrêtée ou sédatée 6 mois après parce qu’elles ne tiennent pas ? Dans notre pays, on a tendance à faire comme si la maternité (ou la paternité) ne changeait rien. Et c’est absolument faux ! Devenir parent c’est un bouleversement auquel on doit se préparer. C’est le sens des ateliers que nous proposons à tous ceux qui le souhaitent.

 

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