Isabelle Filliozat, notre Mère Veilleuse de la semaine #5

Maman de Margot, 26 ans, et Adrien, 22 ans

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17.11.2019
Mères Pro de santé

Fiche d'identité

Prénom et nom : Isabelle Filliozat
Profession : Psychothérapeute et auteure
Age : 63 ans
Ville : Aix-en-Provence
Ecologiquement intraitable sur : Les oeufs !
Plaisir coupable : Internet
Site Internet: www.filliozat.net

Cette semaine, nous sommes parties à la rencontre d’Isabelle Filliozat, la célèbre psychothérapeute. Auteure de nombreux ouvrages sur l’éducation positive, elle est, elle-même, maman de deux grands enfants de 26 et 24 ans. Depuis septembre, elle participe à une commission mise en place par le Gouvernement pour accompagner les parents dans les 1 000 premiers jours de vie de leur enfant et notamment les aider à éviter les perturbateurs endocriniens.

Bonjour Isabelle, Vous êtes psychothérapeute, vous avez écrit de nombreux livres et vous êtes également maman. Comment avez-vous fait pour tout gérer en même temps ?

J’ai eu mon premier enfant à 37 ans. J’avais déjà bien avancé dans ma vie professionnelle et cela m’a permis de prendre le temps de ralentir pour m’occuper de mes enfants. Du fait de ma profession, j’ai eu la chance de pouvoir exercer depuis mon domicile et d’avoir une nounou sur place. Cela m’a permis de les allaiter jusqu’à presque 2 ans ! C’était vraiment important pour moi.

Vos enfants sont nés dans les années 90. Faisait-on déjà attention aux perturbateurs endocriniens ?

A l’époque, on ne parlait pas encore de perturbateurs endocriniens ! Mais, oui, personnellement, je faisais en sorte d’éviter un maximum de polluants. Et ce, même avant mes grossesses. Enfant, j’ai été nourrie aux légumes du jardin de ma grand-mère. Une fois adulte, j’ai décidé de ne plus consommer de viande ou d’œufs s’ils n’étaient pas bio. Il y avait eu à l’époque plusieurs scandales sur les conditions d’élevage et la qualité de la viande qui m’avaient beaucoup marquée. Alors, lorsque mes enfants sont arrivés, ils n’ont évidemment mangé que du bio !

Pensez-vous que l’on soit assez renseigné sur les polluants et sur la façon de les éviter ?

Il est certain qu’on l’est plus que dans les années 90 ! On a accès à tout un tas d’informations sur Internet. Néanmoins, il y’a encore du travail pour que les changements se fassent. Il faut révolutionner la façon dont on nous fait nous représenter l’arrivée d’un bébé : nouvelle peinture, nouveaux meubles, nouvelle voiture et donc, toutes sortes de polluants. Mais en réalité, ça peut être autrement ! Ces représentations sont au service de toujours plus de consommation. Les industriels y gagnent, mais ni notre santé, ni celle du bébé. Un parent veut le meilleur pour son bébé. Si les parents étaient mieux informés sur les polluants, ils sauraient trier ce qui est utile et ce qui ne l’est pas.

C’est le sens de l’action que vous allez mener avec la commission des « 1000 jours » ?

Oui, bien sûr, nous travaillons sur comment informer le plus grand nombre sur les risques que nous font courir les perturbateurs endocriniens. Notre tâche est très globale, il s’agit de prévoir un parcours de soutien à la parentalité, repenser les congés des parents autour de la naissance , mieux détecter les problèmes de développement des tout-petits et repenser les modes d’accueil. C’est donc toute la politique autour des mille premiers jours de la vie que nous avons à penser.

Est-ce que vous auriez un conseil à donner à toutes les Mères Veilleuses qui nous lisent pour se dépolluer ?

Je ne donne jamais de conseil. Un conseil est humiliant et le plus souvent inefficace. N’écoutons aucun conseil, et ne cherchons pas à conseiller autrui. Dénichons les informations et partageons-les. Quand on a un conseil en tête, on peut le suivre ou non. Quand on a une information en tête, cela nous fait regarder l’environnement autrement. Chacun a sa sensibilité et en fonction des informations qu’il va rencontrer, il va changer ceci ou cela en premier.

Et pour finir, quel est le truc non écolo dont vous ne pourrez jamais vous passer ?

Internet et mon Mac !

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