Jean, notre Grand-Père Veilleur de la semaine #51

Père de deux filles, Vanina, 47 ans, et Lucie, 45 ans et grand-père d’Anna et Lisa, 18 ans et Paolo et Gaël, 14 ans.

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4.10.2020
Pères Veilleurs

Fiche d'identité

Prénom : Jean
Profession : Cardiologue
Ville : Aubagne
Nombre d’enfants et de petits enfants : 2 filles, 2 petites filles et 2 petits fils
Écologiquement intraitable sur : L’alimentation
Ce qui vous manque pour être plus écolo : De l’argent ! Parce qu’on est dans un monde où si on veut être écolo, on peut se le payer et ça c’est très regrettable.

L’interview de notre Grand-Père Veilleur de la semaine

A l’occasion de la fête des grands-pères, nous sommes parties à la rencontre du Dr Jean Lefèvrepère de deux filles et grand-père de quatre petits !  

Cardiologue spécialiste d’échographie cardio-fœtale, il s’est engagé à la retraite au sein de l’Association Santé Environnement France. Son objectif ? Informer un maximum de personnes sur les liens entre santé et environnement. 

Dans cette démarche, il est d’ailleurs l’un de nos experts référents Mère Nature. Nous sommes allées lui poser quelques questions sur ses actions personnelles avec toute sa petite tribu. 

Un Grand-Père à l’écoute de la nouvelle génération !

Bonjour Docteur, vous avez été père pour la première fois dans les années 70, est-ce qu’à cette époque on était déjà sensibilisé à ces questions de santé environnement ?

Non, pas vraiment. Même en tant que médecin, nous n’étions pas sensibilisés. Ma femme était infirmière surveillante en service d’endocrinologie, donc elle savait certaines choses notamment sur l’alimentation. Mais, on était clairement moins informés que maintenant. Je me souviens surtout que le tabac était très toléré. Il n’était pas impossible à l’époque de voir un chirurgien cardiaque visiter un malade en chambre avec une cigarette aux lèvres !

Aujourd’hui, vous êtes très engagé dans la sensibilisation aux perturbateurs endocriniens. Alors, que s’est-il passé entre temps ?

Pendant tout le temps où j’ai travaillé, j’étais ultra spécialisé. Je faisais de l’échographie cardio-fœtale et c’est tout. J’ai changé au moment où j’ai ralenti mon activité à l’approche de la retraite. Le Dr Pierre Souvet, également cardiologue et très engagé sur les questions de santé environnement, m’a contacté et m’a demandé de travailler sur la pollution de l’air. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que les particules fines notamment étaient un facteur de risque cardiologique important. C’était vraiment une découverte ! On ne m’en avait jamais parlé ni pendant mes études, ni pendant les formations suivies au cours de ma vie.

Et c’est suite à cela que vous vous avez eu envie de faire passer le message ?

Oui, ça m’a motivé. L’association m’a plu ! Et comme j’avais du temps vu que je venais de prendre ma retraite, je me suis investi pour faire passer le message.

Parlons un peu des sacs Mère Nature justement ! Vous avez collaboré à l’écriture de la méthode, en quoi pensez-vous qu’ils soient un outil de prévention utile ?

Dans la santé environnementale, un des grands paramètres à prendre en compte, c’est le moment de la vie pendant lequel nous sommes exposés aux perturbateurs. Les deux phases critiques sont l’exposition professionnelle à des produits et l’exposition du fœtus. En ce qui concerne l’exposition fœtale et néonatale, elle est clé car les organes se finissent pendant la période néonatale. C’est là l’intérêt de Mère Nature, puisque les sacs sont distribués au début de la grossesse. L’idéal serait même de donner ce sac avec la dernière boite de pilule !!!

Au-delà de ce que vous faites pour informer le grand public. Qu’est-ce que vous faites personnellement pour limiter votre impact écologique ?

Nous sommes à la fois consommateur et citoyen. On est dans un système de marché, donc on peut faire beaucoup de choses en orientant nos achats. Et pour ça, il être informé, sensibilisé. En cela, les associations de consommateurs jouent un rôle important. Nous devons aussi avoir un rôle de citoyen pour les pollutions sur lesquels on ne peut pas agir individuellement comme le réchauffement climatique et la pollution de l’air.

Et avec vos petits-enfants, qu’est-ce qui vous semble important de leur enseigner sur ces questions ?

Il faut beaucoup de diplomatie ! Ils sont à l’âge où on se fout de tout. J’essaie, mais je ne sais pas si j’y arrive, de leur parler de tout ça sans avoir l’air ringard et radoteur !

Est-ce que votre épouse vous soutient dans toutes ces actions ?

Tout à fait ! Elle cuisine les légumes locaux et bio qu’on achète à l’AMAP.

Pour finir, le truc non écolo dont vous ne pourrez jamais vous passer ?

Aller en Corse régulièrement dans mon petit village !

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