Le quotidien d'un papa hors du commun : l'histoire de Romain, papa à roulettes

Père Veilleur de Luna, 8 ans

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17.01.2021
Pères Veilleurs

Fiche d'identité

Prénom : Romain
Âge : 35 ans
Profession : Opérateur chez les pompiers
Ville : Tours
Prénom et âge des enfants : Luna, 8 ans
Compte Insta : @roro_le_costaud

Cette semaine, nous sommes parties à la rencontre de Romain, papa de Luna, 8 ans, et on peut le dire, star d’Instagram, où il est connu sous le pseudo Roro Le Costaud. Il y a neuf ans, alors, que sa compagne est enceinte de leur fille, il fait une chute à ski qui bouleverse sa vie en le rendant tétraplégique. Mais, ce qui aurait pu l’abattre l’a rendu plus fort. Il nous partage ici sa vie de papa « à roulettes » comme il se définit lui-même, avec une bienveillance et une bonne humeur qui force le respect ! Voici son portrait.

Trois choses à savoir sur sa paternité !

Votre devise : 

Mon handicap je l’aime comme je l’emmerde

Pour vous, le Père Idéal, il fait

ce qu’il peut !

Ce que vous aimeriez que votre fille dise de vous :

Qu’elle est fière de son père

Nos questions, ses réponses

La métamorphose

Avant d’être un “papa à roulettes”, elle était comment votre vie ?

Avant de devenir papa, j’étais pompier professionnel en Haute Savoie. En dehors des gardes de 24 heures, j’avais pas mal de temps libre. Et je le consacrais à faire du sport : hockey sur glace, courses en montagne, trails, musculation, piscine, vélo et bien sûr… ski l’hiver. Le sport avait une grosse importance dans ma vie et c’est d’ailleurs toujours le cas même si je suis un papa handicapé.

Quand avez-vous eu envie d’être père pour la première fois ?

C’était un désir commun avec ma compagne. Il me paraissait normal d’avoir un enfant puisque c’est le fruit de l’amour entre deux personnes. Par contre, je tenais à être prêt à assumer mon bébé et à l’accueillir dans de bonnes conditions. Donc, avant d’envisager de devenir père, je voulais qu’on soit prêts sur le plan matériel : avoir une chambre, une voiture, un salaire, etc. Une fois qu’on a eu cette stabilité, on s’est lancé.

Comment avez-vous vécu la grossesse de votre conjointe ?

Je l’ai vécue comme une source de motivation, puisque j’ai eu mon accident de ski alors qu’elle était enceinte de même pas 3 mois. Quoi qu’il en soit, j’allais être un papa handicapé. Mon premier objectif a donc été d’arriver à être présent à la première échographie – et j’ai réussi. Tout le reste de la grossesse a été une source de motivation pour aller de l’avant et être autonome le plus vite possible pour assumer mon rôle de père. Ma compagne venait me voir tous les jours, donc j’ai pu suivre l’évolution de son ventre.

Et pour elle ?

Pour elle, ça a été compliqué aussi. Elle n’a pas été le centre de l’attention comme elle aurait dû l’être… Quand elle a accouché, j’étais toujours en centre de rééducation. Mais, j’ai pu être présent. Elle m’a appelé dans la nuit à 3h du matin en me disant qu’elle commençait à avoir des contractions. Et à partir de là, ça a été l’effervescence ! Avec l’aide des infirmières et des aides- soignantes du service, j’ai pu me préparer et partir pour assister à l’accouchement. J’ai donc été là du début à la fin. C’est moi qui amenais les petites boissons dans la salle d’accouchement au personnel. J’ai assumé mon rôle d’accompagnant et c’était la première fois que je tenais aussi longtemps assis.

Père (mais pas que !)

Et maintenant que vous êtes papa, elle est comment votre vie ?

Nous sommes en garde alternée une semaine sur deux. Quand on s’est séparés il y a 5 ans, c’était très important pour moi de pouvoir assumer l’alternance. J’étais (et je suis toujours) hyper proche de ma fille. Quand sa maman travaillait, j’étais encore en arrêt. Nous avons tissé un lien très très fort. Je ne me voyais pas être privé d’elle au quotidien. Mon ex-compagne m’a rassuré très rapidement. Elle voulait rentrer à Tours – région dont nous sommes originaires et je l’ai donc suivie. Maintenant, on est bien habitué à ce rythme. On ne s’ennuie pas ! Mais, je préfère ça. J’aime bien que ça bouge. Je veux être un “papa à roulettes” qui assure !

Qu’est-ce que vous n’avez plus fait depuis que vous êtes papa et qui vous manque ?

Pas grand-chose. Avoir un enfant, c’est un bouleversement hormonal – même pour les pères je pense. On change d’état d’esprit. Mais, ce que je faisais avant, je le fais encore. Même petite, on amenait notre fille avec nous partout. Je viens d’une famille nombreuse (nous étions 6 frères et sœurs à la maison), et ma mère nous a toujours appris qu’on pouvait tout faire avec des enfants !

Et puisqu’on est sur le site de Mère Nature, parlons deux minutes d’environnement pour finir ! Quel est le truc « Green » que vous faites ?

L’environnement, ça ne fait pas très longtemps que je m’y intéresse. La démarche me plaît et j’avoue que c’est ma fille qui m’a fait changer. Une fois par an, on fait des sorties ramassages de déchets dans la nature et je suis maintenant hyper à cheval sur le tri.

Et pour conclure…

En un mot, vous diriez que vous êtes un papa …

… à roulettes !

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